Syndrome de l'imposteur, fausse modestie, cortège de peurs versus effet Dunning-Kruger

Publié le 11 mars 2026 à 17:17
Doutes et questionnements

J'avoue, je m'interroge.

J'entends régulièrement des personnes, surtout féminines d'ailleurs, parler du syndrome de l'imposteur, dont elle souffre, ou d'un plafond de verre, qu'elles doivent franchir.

Je comprends tellement ces 2 notions, très largement liées, selon ma vision, à une éducation du contrôle de son image, des rôles attribués à chacun-e et de la recherche d'une perfection illusoire.

 

Quand je traverse de telles pensées et que je les regarde plus en détail, j'ai la sensation que la peur de ne pas être "assez", le besoin de reconnaissance ou celui de sécurité se cachent dans ses replis, souvent.

Certes, le syndrome de l'imposteur est considéré comme inconscient, et génère une souffrance terrible pour les perfectionnistes, réellement compétent-e-s. C'est vrai que la fausse modestie, son pendant conscient, semble moins lié à la réelle compétence et reste finalement assez orgueilleux. Il est aussi moins fun à mettre en avant ! Qui se verrait dire : "je souffre de fausse modestie ?". Cela prêterait à rire et illustrerait surtout une fausse humilité. Dire en revanche que l'on souffre du syndrome de l'imposteur, n'est-ce pas finalement…..valorisant ?

Je me pose réellement cette question, car la compétence elle-même reste relative, et assez éloignée des certificats d'aptitude ou autres diplômes, parfois.

Je vais donc garder la liste des peurs d'Elisabeth GILBERT ("Comme par magie") en matière de créativité . J'ai beaucoup ri en découvrant cette liste non exhaustive et assez universelle, dans bien des domaines.

 

Montaigne écrivait : "Ce dont j'ai le plus peur, c'est la peur."

 

Quoi qu'il en soit, au-delà de mes peurs, je préfère encore être qualifiée de faussement modeste, et traverser les doutes dans mes compétences et mes capacités, en pleine conscience, plutôt que de vivre un effet Dunning-Kruger de sur confiance !

Je pense notamment à cette étude américaine réalisée en 2023, dans laquelle  54% d'individus, plutôt masculins d'ailleurs, se prétendaient capable de faire atterrir un avion sans formation préalable, en cas d'urgence. Je trouve ça aussi illustrant et flippant que passionnant !

En même temps, combien de personnes affirment des vérités sur une situation qu'iels n'ont jamais vécu, avec une telle assurance qu'elle donnerait envie de les observer au microscope et sur la durée dans des conditions similaires. Je serais curieuse de savoir ce que la réalité de l'expérience leur apporterait : un nouveau regard, une écoute plus attentive, un silence respectueux ?

 

Je reste convaincue que l'expérience est unique et personnelle, et que seule l'expérimentation directe permet de la construire. En revanche, le partage d'expériences est  d'une richesse infinie pour  multiplier ses connaissances et faciliter ses apprentissages. La seule condition reste d'être à l'écoute de ce qui a permis à cet autre  de vivre concrètement ce qu'il a traversé, ou mieux, de l'expérimenter ensemble. Nous pouvons alors profiter pleinement des capacités de nos neurones miroirs pour engranger des informations intéressantes et riches, sans pour autant se les approprier comme des vérités absolues. L'expérience est une succession de petit pas, même la peur au ventre.

"La peur est un cimetière où nos rêves vont mourir et se dessécher sous un soleil de plomb" comme le dit si joliment Elisabeth GILBERT.

J'aime parfois penser qu'un jour je partirais vivre en Théorie, parce qu'en théorie tout se passe toujours bien. La peur pourra disparaître, et son cortège d'émotions avec elle ! Peut-être qu'alors, je m'ennuierais terriblement…

 

Et vous ?

Elisabeth GILBERT - Les peurs - Courage
Elisabeth GILBERT - Comme par Magie - Les peurs

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