Le prénom fixe t-il l'identité ?

Publié le 25 avril 2026 à 11:11
Le prénom

J'ai lâché mon prénom de naissance. J'ai adopté au quotidien mon prénom d'auteure. Loin d'être un caprice, une coquetterie égotique, je le vis comme une nécessité, une respiration, un nouveau souffle libérateur.

Peu importe si je ne suis pas comprise, je demande juste à ce que mon choix soit respecté. C'est très différent.

Mes parents m'ont prénommé Nadeige à l'état civil, avec une orthographe de neige. C'est un très beau prénom, que je porte en moi comme un tapis froid. 

Je m'appelle Elka aujourd'hui. J'ai ravivé la flamme de mon existence et elle me tient chaud dans mon quotidien.

Sans l'avoir "choisi", ce prénom, Elka, m'a saisie toute entière. Il est devenu mon évidence, à l'instant précis où je me libérais de mon enfance et de mon histoire familiale, pour mieux l'assumer, par l'écriture.

Le Jeu du Je est né de lui et lui m'a permis de donner naissance au Jeu du Je.

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Au delà de rompre des transmissions que je considère comme potentiellement toxiques, ce prénom accueilli me permet surtout de construire des relations autrement.  C'est un choix assumé. C'est un acte posé.

J'ai appris récemment que l'état civil n'a fixé les prénoms qu'au XIXème siècle seulement. Auparavant, les individus pouvaient être prénommés de différentes manières au cours de leur vie. Seul leur patronyme était fixe. Et tout le monde était à l'aise avec ça.

Je regrette qu'avec une administration de plus en plus lourde, la codification et le figement soient apparus nécessaires pour mieux "tracer" l'individu.

Combien de personnes détournent leur prénom civil par un surnom d'usage ? N'est-ce pas une façon, quand cette appellation est pleinement acceptée et souhaitée, de se réapproprier son identité et son histoire ?

Lorsque j'entends que c'est une manière de rejeter ses géniteurs, je suis triste pour celleux qui le pensent.

J'ai au contraire incorporé le nom de ma mère, à mon patronyme pour rééquilibrer ma place dans mes lignées génétiques, mon arbre de naissance. Jamais je n'utilise ce nom de famille, composé, dans mon quotidien. Pourtant, personne ne s'étonne de mon nom d'usage, différent. Personne ne me demande jamais si c'est mon "vrai" nom, de "quelle origine il est" et pour "quelles raisons" je le porte.
Ces questions me sont pourtant souvent posées lorsque je verbalise mon prénom Elka. Cela m'interpelle sur ces personnes, leur rapport à l'identité, leur besoin de se rassurer sur l'existence réelle certifiée. Leur attachement à leur passé, et au mien !

Le procureur de la république a rejeté, à ce jour, ma demande de changement d'état civil, tout en m'autorisant l'utilisation d'usage.

Par cette rigidité administrative, face à un dossier pourtant étayé, je déplore d'être ainsi ligotée à mes papiers d'identité.

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Pour autant, de ma fenêtre, ce prénom accueilli ne définit guère plus qui je suis, que l'utilisation du précédent. Il marque juste ma volonté de reprendre la direction et la responsabilité de ma vie, loin des attentes, des projections et des carences parentales. Il reste une convention sociale. Une manière d'être au monde.

 Je suis, comme tout un chacun, bien plus que mon prénom.

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Peu importe si je ne suis pas comprise, je demande juste à ce que mon choix soit respecté. C'est très différent

Et vous, vous en pensez quoi ?

Changer pour soi avant tout !

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