La contrôleuse du bureau des légendes

Publié le 25 décembre 2025 à 19:19
Elka, controleuse du bureau des légendes

Dans son côté créatif, mon bureau des légendes me donne accès à ce grain de folie et au dédale de mon cerveau labyrinthique. Il est un puissant moteur d'inspiration.

 

Pour autant, j'ai un autocontrôle automatique, directement branché à mes valeurs de fiabilité et d'action engagée.

 Lorsque je dis quelque chose, je le pense et je l'assume. Quand je m'engage à faire, ne serait-ce qu'entre moi et moi, je sais que je vais aller jusqu'au bout, quitte à me prendre un mur et à revoir la direction appropriée, dans un 2ème temps, en ramassant les morceaux au passage...

Quand  la situation m'échappe ou me déplaît, je finis toujours par le dire, ou fuir, suivant le niveau d'activité de mon petit gnome interne ; celui-là même qui sourit par devant et grogne par derrière. Ce petit lutin malfaisant peut m'aider à traverser quelques événements avec des masques sociaux protecteurs, assortis d'un silence de "sidération". Les infos sont captées, pour être traitées en différé. Ce petit gnome est une réminiscence de mon passé, comme une vieille habitude qui me colle encore à la peau.

 

Bref, je reste la plupart du temps alignée et authentique, même si cet alignement peut se révéler parfois quelque peu asynchrone.

 

Mon système fonctionne avec des indicateurs fiables de ce niveau d'alignement. La souffrance physique et /ou la fatigue, pouvant aller jusqu'aux vertiges, sont des indicateurs probants d'alertes.

De même, la vulnérabilité émotionnelle est le signal que la cote d'alerte a été dépassée, et qu'il est temps de regagner l'îlot de sécurité le plus proche.

 

Ces derniers temps, j'ai découvert et rencontré ma part de contrôleuse du bureau des légendes...des autres !
Elle cavale aux côtés du chevalier en croisade.
Quelle équipée sauvage !!!

Elle est terrible. Elle repère avec une efficacité redoutable les faux discours, les légendes personnelles, les blablas séducteurs, tous ces mots destinés à rassurer ou donner une belle image de soi ; tous ces moments où l'individu montre à quel point il est dans le déni ou l'inconscience rassurante d'un petit îlot mental, à l'abri de tous les signaux corporels contradictoires.

 

Dissonance cognitive assurée pour mon système !

Je ne peux générer de l'intimité à partir de ce ressenti.

La distance s'installe, mon système est en alerte maximale.

 

 C'est ainsi qu'au travers de diverses expériences relationnelles intimes récentes, j'ai compris que le bureau des légendes pouvait chez certain.e.s constituer la base même de leur histoire personnelle, jamais ou insuffisamment remise en cause. Nous sommes loin des fonctions créatives ou introspectives.

 

Leur bureau des légendes devient alors un rempart pratique pour justifier toute une vie de passivité inconsciente, réfugié derrière une barricade d'un formatage éducationnel ou de problématiques de santé incontestables.

Le parent et/ou la maladie deviennent alors les sujets coupables et indésirables, sans aucune tentative d'autonomie ou de responsabilisation personnelle. Ce n'est pas "leur faute", mais l'occasion de se plaindre à qui voudra les écouter et compatir à leurs malheurs.

 

Ce tableau humain me fascine !

 

Le parent, "gentil bourreau" peut être bichonné par devant et qualifié de "détraqueur" et "d'absorbeur d'âmes" , selon la ref de l'univers Harry Potter, dès les talons tournés.

 

Pourtant, ce à quoi ma contrôleuse assiste, dans le même temps, est une volonté farouche d'afficher un masque de "bon enfant", "bon parent", "bon petit-enfant", "parfait conjoint.e", bref en résumé une "bonne personne" en toutes circonstances, tout au moins sur le devant de la scène, au détriment de toute authenticité.

 

Pantins désarticulés, morts-vivants enfermés dans des croyances limitantes et des tonneaux sans fond de culpabilité low cost, ces individus perpétuent une presque tradition familiale de pseudo perfection bon marché, drapés dans leur manteau de vérité.

Ce tableau vivant devient transmutation quand il s'exprime au pied d'un sapin de Noël, un soir de Réveillon, sous les yeux de cette part contrôleuse du bureau des légendes.

 

Une belle grotte de Platon illustrée, et une belle expérimentation de sécurisation de mon système en temps réel. Je suis heureuse de m'en être échappée. Quelle liberté !

 

J'ai expérimenté largement ces masques sociaux, ces déguisements variés, dans un passé peu éloigné. Je les connais, je les reconnais. Quelle joie de constater la liberté acquise par l'éclairage de mes ombres et le lâchage de leurs boucles traumatiques. Mais quel challenge que d'observer ma contrôleuse du bureau des légendes en actions. Elle devient langue de vipère et mégère en furie. Arghh !

 

Il me reste à apprivoiser cette contrôleuse zélée pour qu'elle reste à sa juste place dans mon système.

 

Joyeux Noël 2025 🎄✨️

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